Liste des exposants pour le festival GERMINATIONS de 2026 – du 19 septembre au 4 octobre.
ASSOULINE Séverine
Artiste plasticienne et psychanalyste, Séverine Assouline crée des sculptures, installations et formes textiles habitées par des figures hybrides, fragiles ou indociles. Son travail se déploie dans des zones de seuil, entre mémoire et métamorphose, corps et symbole, apparition et effacement. Elle s’intéresse à ce qui surgit depuis les marges : ce qui a été enfoui, écarté ou rendu flou, mais continue d’agir. Ses œuvres interrogent le lien à l’autre, la vulnérabilité, la solidarité et la domination, ainsi que les possibilités de transformation et de réparation. Elle a notamment exposé à la Galerie la Ralentie à Paris et aux Ateliers Babiole à Ivry-sur-Seine.
AUFFRET Didier
Artiste auteur, décorateur et scénographe, diplômé de l’École supérieure de réalisation audiovisuelle, Didier Auffret donne forme au monde animal à partir de matériaux de récupération issus de nos industries : carton, pâte à papier, papier de soie. Son travail cherche à susciter une interaction avec l’intelligence collective et à porter un regard attentif sur notre environnement, la nature et ce qui nous compose. Chouette, caméléon, coléoptère ou diodon deviennent autant d’ambassadeurs d’une biodiversité menacée, qui invitent le visiteur à une perception plus sensible du vivant. Sa sculpture Diodon a reçu le prix de sculpture de la Fondation Taylor en 2025.
CAHAREL Brice
Photographe de métier depuis sa jeunesse, formé à l’École nationale supérieure Louis-Lumière, Brice Caharel se consacre aujourd’hui entièrement à ses projets personnels en photographie et en arts plastiques. Il cherche à donner du sens à son travail et à partager sa vision du monde et ses émotions. La nature, avec laquelle il entretient une relation d’émerveillement et d’appartenance, est au cœur de sa démarche, tout comme les liens humains, les cultures et les métiers du quotidien. Son œuvre dénonce aussi la destruction de notre environnement, afin que chacun prenne conscience de la beauté du monde pour mieux le respecter.
CAI Yuanhe
Artiste et spécialiste de l’estampe, titulaire d’un doctorat en études artistiques, Yuanhe Cai enseigne comme maître de conférences à l’Académie des beaux-arts de Guangzhou. Sa pratique, ancrée dans la gravure, s’ouvre à l’expérimentation visuelle contemporaine et explore les relations entre matière, image, technologie et expérience vécue. Soutenues par le China National Arts Fund, ses œuvres ont été présentées dans d’importantes expositions en Chine et à l’international. Pour Yuanhe Cai, l’écologie n’est pas seulement une question environnementale : c’est une façon de repenser la coexistence de l’humain avec les autres formes de vie, en écho aux valeurs de nature et d’humanisme portées par le festival.
COQUILLAUD Marie-Sylvie
Fascinée par la biodiversité, Marie-Sylvie Coquillaud, membre de l’association Les Fibres du vivant, sensibilise le public au vivant par une approche mêlant art et science. Elle réalise au crochet, avec des restes de pelotes et des fibres de récupération, des portraits d’insectes en forme de trophées : charançon, criquet, mouche ou Rosalie des Alpes, présentés sans leurs ailes pour révéler des formes souvent invisibles. Elle pratique aussi la phytographie sur textile, qui fait naître des animaux imaginaires des couleurs des plantes. Par ses créations, elle « hurle en silence », pour paraphraser Marguerite Duras, contre l’indifférence face à la destruction de la biodiversité.
DEVENELLE Laure
Artiste papier et scénographe plasticienne formée à l’ENSAD, Laure Devenelle sculpte et transforme un unique matériau : le papier. Elle réalise des décors, des installations murales et des sculptures en volume pour des commanditaires publics et privés. Artiste-artisane, elle réhabilite le fait-main en puisant dans les techniques traditionnelles du pliage (origami) et du découpage (kirigami), avec une attention particulière à la répétition et à l’ornementation. Inspirée par la nature, elle conçoit des installations parfois collectives et immersives qui invitent le public à ralentir, à contempler le vivant et à retrouver l’émerveillement. Pour le festival, elle accompagne l’œuvre participative Faire Paysage.
DU Qinfen
Maître de conférences à l’Académie des beaux-arts de Guangzhou, Du Qinfen est artiste céramiste. Son travail puise dans la texture microscopique des plantes et la morphologie des cellules aquatiques pour explorer la régénération des matériaux à travers la céramique. Dans le sillage de la vision orientale de la nature, ses œuvres recueillent les traces de la vie naturelle et transforment l’observation écologique en objets et en installations. Pour Germinations, Du Qinfen présente Rebirth of Wetland Earth, une installation en terre crue séchée à l’air, mêlée de sable de roche et de résidus de bois, inspirée de la massette et du nénuphar jaune des mares du village.
GENDRON Catherine
Auteure et photographe, Catherine Gendron associe l’écriture et l’image autour du cycle de la nature. Elle s’intéresse aux ultimes manifestations du vivant dans un monde où l’humain, le végétal et l’animal sont de plus en plus menacés. Depuis les années 2000, elle poursuit un travail sur l’érosion du temps, sous la forme d’un journal mêlant images et textes, attentif aux infimes variations de la lumière sur la forme et la matière. Feuilles emportées par une rivière, algues échouées ou déchets piétinés : elle fixe ce que le regard pressé ignore, pour rappeler que rien ne disparaît mais que tout se transforme. Elle a également publié trois romans.
GUGLIELMETTI Stéphanie
Née en Franche-Comté, au cœur du Pays horloger, et formée à Penninghen, Stéphanie Guglielmetti travaille le temps comme une matière sensible, à travers la sculpture, la photographie et le son. Elle noue un à un, le long de fils suspendus, des milliers de composants horlogers récupérés et libérés de leur mécanique. Ses trames comptent 7, 12, 24, 52, 60 ou 365 fils : les nombres des cycles du vivant avant d’être ceux des horloges. Mues par le seul passage de l’air et de la lumière, ses sculptures frémissent et ne se répètent jamais. Réemploi et lenteur assumée : son œuvre invite à réapprendre notre place parmi les rythmes du monde vivant.
GUILLER-TESSIER Isabelle
Artiste plasticienne et sculptrice depuis trente ans, diplômée en arts plastiques de la Sorbonne, Isabelle Guiller-Tessier développe une démarche intuitive et expressive, nourrie de ses émotions et de l’observation de la nature jusque dans ses plus petits détails. La terre est au cœur de son travail, comme une matière vivante qui porte en elle la mémoire du monde. Dans sa série « Les peaux de terre », les végétaux laissent leur empreinte directe dans l’argile, telle une peau qui conserve le passage du vivant. Par des formes sobres et épurées, elle cherche à révéler l’essentiel et à créer un espace de rencontre entre la matière, le vivant et l’émotion.
HABIBI Amir
Né en 1973 à Téhéran, Amir Habibi est diplômé de l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy et vit et travaille à Paris. Issu d’une famille de miniaturistes persans, il appartient à une génération d’Iraniennes et d’Iraniens contraints de quitter leur pays après la révolution de 1979, sans jamais pouvoir y retourner. Ses photographies interrogent le médium et l’histoire de la peinture, et abordent par la fiction les notions d’origine, de diaspora et d’identité. Visions métaphysiques de la nature, lectures poétiques du quotidien : ses images soulèvent des questions sociopolitiques avec une tonalité légère, souvent teintée d’humour.
KABIRNIA Reza
Plasticien formé aux arts plastiques à l’université, Reza Kabirnia construit ses œuvres à partir d’images qui portent déjà une histoire : photographies d’archives, documents, paysages ou fragments de récits. En les déplaçant de leur contexte d’origine, il observe ce que ces images continuent de produire en traversant le temps. Peinture, dessin et installation deviennent des espaces de transformation où les traces s’effacent, réapparaissent et se recomposent. Ses paysages ne décrivent aucun lieu identifiable : ils condensent des temporalités, des expériences et des géographies. Dans la série Pétrichor, au crayon de couleur et au graphite, le paysage devient un espace de passage où le regard reconstruit ce qui demeure invisible.
LEFEBVRE Pascale
Née à Paris, Pascale Lefebvre est titulaire d’un master en arts plastiques et sciences de l’art de l’École des arts de la Sorbonne, où elle a poursuivi un parcours doctoral. Sa recherche explore les dialogues entre dessin et sculpture autour d’une « plastique de la correction » : dessins à la mine de plomb sur papier calque et sculptures végétales fragiles et éphémères. Face au dérèglement climatique, elle cherche à sensibiliser par l’émotion à la fragilité du vivant. Ses dessins entrelacent des références à la peinture de paysage et au dessin botanique et animalier, tandis que ses cueillettes végétales s’inscrivent dans l’héritage de l’Arte Povera et du Land Art.

MACHINAL Romain
À partir de pierres locales, rebuts de carrière ou blocs glanés à proximité, Romain Machinal taille et polit des sculptures à toucher, entièrement à la main, au ciseau et à la massette, avec des abrasifs de récupération et de l’eau de pluie, pour limiter au maximum son impact sur l’environnement. Autour de thèmes naturels (l’eau, les lichens, les écorces), ses formes de plus en plus organiques cherchent à recréer une rencontre en douceur entre le vivant et nous. Plutôt que d’imposer une forme au bloc brut, son travail s’adapte à la pierre dans une recherche symbiotique, pour rappeler que les pierres font elles aussi partie du vivant.
NGUYEN Flora
Après des études à l’École des Gobelins, Flora Nguyen développe un travail autour de l’archive et de la postmémoire (Marianne Hirsch) : une mémoire héritée, faite de fragments, d’images, de récits et de silences, liée à des traumatismes collectifs transmis plutôt que vécus. Ses cyanotypes de paysages engloutis (forêts vietnamiennes disparues, en écho aux paysages polynésiens grignotés par la mer) transforment l’absence en matière sensible. La lumière du soleil, agent du développement, évoque les cycles naturels que l’humain a rompus. Réalisé avec des matériaux naturels et des procédés non toxiques, chaque cyanotype devient un acte de résistance contre l’oubli et la destruction de notre environnement.
ROLLIN Frédéric
Après une carrière de cadre dans la banque, Frédéric Rollin se consacre depuis 2023 entièrement à la création : dessin, peinture et gravure, en techniques traditionnelles et numériques. Sa peinture à l’huile, d’inspiration réaliste, invite à une réflexion poétique sur notre monde contemporain, à la fois si confortable et si fragile, où le réel et l’imaginaire, le passé et le présent coexistent dans un équilibre précaire. Chatte suspendue dans le ciel parmi des poissons volants, figures couronnées de feuilles veillant sur un paysage vulnérable : ses toiles bousculent les hiérarchies naturelles et invitent le spectateur à interroger ses propres perceptions.
SAUNER Berny
Peintre issu de la scène graffiti parisienne, Berny Sauner fait de l’espace une composante essentielle de sa démarche. Devenu artiste dès l’âge de 16 ans, il s’est ensuite initié à la scénographie, à l’architecture et au design, qu’il pratique depuis vingt ans avec son agence Saosign Studios. Aujourd’hui, la nature, au milieu de laquelle il vit, est sa première source d’inspiration : il s’y immerge chaque jour pour se charger d’une énergie qu’il retransmet dans son travail. Ses œuvres aux couleurs intenses cherchent à ouvrir des échappées et à révéler des clairières restées invisibles, pour inventer une nouvelle manière d’appréhender notre environnement.
SHEN Céline
Artiste, designer et chercheuse pluridisciplinaire installée à Paris, Céline Shen (née en 1988) a étudié la philosophie à la Sorbonne, la danse à l’ISAC et le design de mode à l’ENSAD. Sa pratique explore les passages entre art, design, chorégraphie, mode et création numérique, à travers le textile, la performance, l’installation sensorielle et les médias immersifs, où la matière devient interface et le geste langage poétique. Lauréate du prix « Révélation Design » de l’ADAGP (2019) et du prix Zeugma Innovation (2021), elle a présenté l’exposition personnelle « Nexus Design » à Hong Kong et a été en résidence à l’Abbaye de Maubuisson en 2025.
VEVERKA Fabienne
Peintre décoratrice formée à l’IPEDEC et artiste autodidacte, Fabienne Veverka part d’une conviction : la lumière est une lecture du monde. Depuis de nombreuses années, elle capture la lumière elle-même, pour ce qu’elle est. Ses captations évoquent Iris, messagère qui relie le ciel et la terre et dont le sillage forme un arc-en-ciel. Comme cet arc qui réunit toutes les couleurs, ses installations de littorines évoquent une humanité faite d’infinies singularités que leur diversité rassemble. Elle transforme ensuite ces images en œuvres conçues pour le lieu qui les accueille, comme lors de sa carte blanche à la Maison Jean Monnet ou de deux années de travail avec les habitants d’un quartier de Rambouillet.
WILLEMOT Marie-Dominique
Peintre autodidacte, Marie-Dominique Willemot s’inscrit dans le courant de l’abstraction environnementale : ses formes abstraites font référence à des états de la société ou de l’environnement. Elle utilise des pigments naturels, détourne des matériaux de récupération comme outils et intègre à ses toiles sable, cailloux ou brisures de coquillages pour créer des reliefs. La mer est un thème majeur de son œuvre, où domine le bleu. Joyeuse et très colorée, sa peinture est pleine de poésie, d’espoir et d’engagement pour la protection de la planète. Sa signature : des formes imaginaires, courbes et souples, qui s’imbriquent les unes dans les autres comme tous les éléments de la vie.
WINTERBERG Alexandra
Originaire de Hambourg et diplômée en architecture, Alexandra Winterberg nourrit sa création d’un parcours international entre peinture, architecture et design d’intérieur. Sa démarche explore les structures sociales, la porosité des langues et les frontières de la perception. Elle orchestre un dialogue entre le regard, le son et le toucher : photographie, sérigraphie de bandes sonores, frottages au graphite et à l’aquarelle révélant la poésie tactile du braille. Ses installations, qui jouent sur la transparence du plexiglas et le clair-obscur, jettent un pont entre voyants et malvoyants. Elle expose en Norvège, en Italie, en Angleterre, en Allemagne, en Autriche et en Suisse.
A Yin
Né en 1970 dans une famille d’éleveurs de la steppe de Mongolie-Intérieure (Chine), Ayin est un photographe autodidacte qui consacre depuis plus de trente ans son travail à la culture nomade, avec un regard d’anthropologue. Depuis 1998, il documente la vie des tribus nomades de la région d’Ujimqin, dont le mode de vie disparaît peu à peu. Ses images, alliant portée documentaire et expression artistique, explorent la survie et la transformation de la civilisation nomade. Distingué comme l’un des dix meilleurs photographes de Mongolie-Intérieure, il a reçu le prix du photographe remarquable du festival international de photographie de Pingyao en 2006.




















